La Marche des Fourmis

Faisant écho à la « Città idéale del Rinascimento », de Léonard de Vinci, l’urbanisme de dalles voit le jour dans les années 1970 avec le désir de créer un espace fonctionnel. On voit donc se mettre en place une nouvelle organisation urbaine avec une séparation spatiale des fonctions (habiter, travailler, circuler) au sein de la dalle, engendrant deux types de flux : le cheminement piétonnier et la circulation automobile. Les dalles Olympiades et Beaugrenelle à Paris sont conçues sur une volonté d’autonomisation et d’indépendance puisqu’elles offrent le nécessaire à ses habitants : commerces, restaurants, loisirs, logements, écoles... Dans ces espaces, la notion de flux est importante, l’architecture est pensée en relation avec les besoins de la population. On est face à une rationalisation du territoire et de la vie contemporaine de sa population, en effet, on pense une globalité.
Je me suis donc intéressée à ce rythme particulier qu’impose la dalle et ainsi du flux humain qu’elle génère. En me rendant sur celles-ci aux heures de pointe, j’ai établi un protocole : prendre en photo ce flux constant toujours en plongé et en hauteur de manière à n’apercevoir que des individus en mouvement. Puis j’ai retravaillé mes contrastes afin de faire ressortir ce flux tel des masses noires se déplaçant sur un sol blanchâtre. Les protagonistes circulant sur la dalle se trouvent presque non reconnaissable, et comparés d’une certaine manière à des fourmilles, ce qui me permet de mettre en avant cet effet d’affluence.

Photobook / Exposition